dimanche 12 avril 2009

Carey Price est maman! (pensée)

Une sage m’a conseillée dernièrement de m’interroger sur mes propres conceptions de la féminité et de la maternité. J’ai pataugé pendant quelques jours, ne sachant pas très bien par où commencer, jusqu’à ce que je m’affale devant un match du Canadien de Montréal et que je me fusionne à Carey Price. Du coup j’ai compris : les gardiens de buts sont les mères au foyer du hockey!
Je me voyais très bien en lui, matelassée moi aussi d’une deuxième couche protectrice dont j’ai hérité suite à la naissance des enfants, seule à garder mon petit nid pendant que mon attaquant de mari patine au front. Les gardiens comme les mamans sont tous deux victimes de l’horrible pression constante qui nous oblige à rester vigilants et à notre poste sans changement de garde. À moins que l’équipe ne coule mais ça c’est une autre histoire…
On est les gardiens du graal, confinés à notre cage pendant que le reste de l’équipe va récolter des points. Nous on ne fait pas partie de la production ; on doit préserver les acquis. On applaudit quand notre coéquipier score, et on encaisse la responsabilité quand c’est nous qui nous faisons déjouer. Bien sûr devant les grands exploits on récolte un peu de gloire, devant un jeu blanc par exemple ou un bulletin exceptionnel, mais sinon on se rabat sur la première loge pour assister aux buts des autres.
Mais le pire obstacle qui incombe à notre statut je pense est sans conteste les maudits tirs de barrages ou les lancers de pénalité. Tout repose sur nos épaules. Et quand ça a le malheur de rentrer, peu importe ce qui a été arrêté avant, y a rien de plus instable qu’une auréole de gardien, qu'il garde un but ou un nid.
Je donne peut-être l’impression de maudire mon sort mais ce n’est pas le cas. J’ai choisi ma profession avec la même lucidité que Carey probablement. Et je n’échangerais pas mes trésors contre les siens. Même si l’horaire est dingue et la liberté restreinte, même si on doit faire passer nos propres intérêts après ceux de l’équipe et renoncer à être de ceux qui marquent, même si on se sent parfois bien seul quand tous les autres sont en zone adverse, et surtout même si notre rôle est souvent très ingrat; on est la force tranquille de l’équipe, le pilier sur lequel les autres peuvent se reposer, le symbole réconfortant du domicile.
Bon été Carey, même si tu continueras de travailler, t’as au moins la chance de pouvoir faire tomber un peu la pression, maudit chanceux! T'es une espèce de gardien qui a la garde partagée finalement…

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