mercredi 15 avril 2009

Maladie rare, mais non moins mortelle si pas traitée (chroniques d'une réalité)

Ça y est, ça vient de me reprendre. J’étais pourtant sûre d’y arriver aujourd’hui… Ces malaises commencent à me faire peur, je sais qu’un jour je n’aurai pas la force de lutter. Malgré tous mes exercices de pensées positives, je suis rentrée bredouille et terriblement honteuse. Il existe peut-être un regroupement d’A.P.A.?
Je ne sais plus très bien comment tout ça a commencé… Peut-être la phobie d’un compte à découvert… Le fait est que les symptômes deviennent de plus en plus sérieux et qu’il apparaît urgent que je me fasse soigner. Je me réveille la nuit, le cœur au ventre, pourchassée par tous les paniers que j’ai abandonnés presque pleins, à deux articles d’une liste complète, en plein milieu d’une épicerie ou d’une autre. Ou alors je vois mes enfants crier famine, la peau sur les os. Et j’ai beau mettre un écriteau spécifiant que je n’en veux pas, les réclames des publisac viennent eux aussi me harceler. Je fuis les cuisines. J’ai déchiré tous mes livres de recettes.
Riez, riez, trouvez-moi ridicule si vous voulez, ainsi sont les phobies : déraisonnables. Et si vous voulez tout savoir, moi c’est les arpenteurs de marchés qui me font frissonner. Au-delà du culte que je trouve sommes toutes valable, la réalité de la chasse-aux-bas-prix-des-meilleurs-produits-chez-les-cultivateurs me donne une nausée certaine. Au mieux un vertige.
J’ai bien peur que je devrai cette année encore renouveler la même éternelle résolution du nouvel an : acheter en une fois tous les articles de ma liste d’épicerie. Je sais que je mets la barre un peu haute mais bon, faut bien rêver…
*A.P.A. : Abandonneurs de Paniers Anonymes

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